La solitude de l'expatrié en plein confinement
Publié le 26 Juin 2020
La carrière de scientifique exige de s'expatrier. Pourquoi? Car les compétences nécessaires à un sujet de recherche ne se trouvent pas partout. Mais aussi parce qu'il faut rencontrer d'autres cultures afin de pouvoir s'adapter à chacun, et afin de savoir dialoguer avec tous. Car la connaissance est rare. Et elle est souvent ailleurs. Ainsi voyager est la base de ce métier.
Je vis en République Tchèque depuis 2014. Nous sommes en 2020. Ca fait 6 ans que je vis ici. La langue locale, c'est le tchèque. C'est une langue très compliquée, bien que très agréable à l'oreille. Malgré mes essais, je n'ai pas encore réussi à en percer les mystères.
Vivre le confinement à l'étranger
Au moment d'écrire ces lignes, nous venons de sortir d'une période de crise due à une maladie qui semble avoir envahi toute la planète, et qui a généré une vague de statistiques sanitaires sans précédent. Loin de nier l'importance de la maladie, je conviens qu'une première vague de contamination a été reçue de manière très brutale par l'ensemble des pays. Chacun a arrêté son économie, a fermé ses frontières, et a instauré l'état d'urgence pendant de longues semaines. Voir la ville de Prague, habituellement bondée de touristes, complètement vide a été surprenant, voire même choquant.
Ce qui m'a également surpris, c'est la quantité d'heures qui ont été travaillées pendant tout ce temps. Chacun pense qu'il peut abattre une quantité de travail astronomique, surtout lorsqu'on est confinés chez soi, sans devoir commuter, sans devoir aller à tous pleins de meeting d'intérêt variés. Et pourtant. Nous avons été confinés pendant plusieurs semaines; le plus grand bénéfice que j'ai pu tirer de ce temps, c'est d'avoir joué plus de musique à la maison, pour moi. Pour composer. J'avoue que ça m'a donné de la force.
La politique française pendant le confinement
Pendant ce temps, mon pays d'origine, la France, organisait des élections et mentait à son peuple quant au danger qui les attendaient. Dès le lendemain des élections, les opinions changeaient soudainement et il fallait se confiner d'un coup, alors que les signaux nationaux étaient au vert la veille. Qui s'est laissé prendre par une telle ânerie? Et voilà qu'ils recommencent, alors que la seconde vague du virus démarre. Revoilà les élections organisées pile au bon moment, de nouveau. Il y a quelque chose qui ne va pas. Le gouvernement ment ouvertement à son peuple.
Pendant le confinement, le gouvernement français a tenté de faire passer des textes d'une grande violence sur le plan social: augmentation de la semaine de travail à 68h (!), suppression des vacances, etc. Tout cela était justifié par des arguments économiques qu'on nous rabâche même lorsque ce n'est pas la crise. Comme si ça avait toujours été la crise.
Bref, le monde est en déclin. L'activité tourne au ralenti. Les activités que nous avions prévues, tout est tombé à l'eau. L'Argentine, le Pérou, l'Université de Californie, les conférences... Plouf. Et voir comment réagissent chaque État de manière totalement politique à un problème de santé publique me rendrait presque ... malade. La misère anti-humaniste (que je peux allègrement nommer libéralisme) continue de battre son plein et une épidémie mondiale n'y change apparemment rien. Jusqu'où irons-nous?